Je me suis parfois retrouvée dans des guet-apens. Pour faire plaisir à un éditeur, ne pas contrarier les commerciaux, on accepte contre fortune bon cœur d’aller signer son dernier livre en hypermarché. Ah ça, ils sont contents les commerciaux, hyper emballés, hyper optimistes, confiants. Hyper morose, oui ! Le samedi après-midi, le client de l’hypermarché n’en à rien à carrer des gens qui dessinent. On se retrouve sur une chaise, idiotement désoeuvré à observer le ballet des caddies derrière sa pile de livres qui ne descend pas, une goutte de sueur perle sur le front, on ne peut s’empêcher de se demander ce qu’il va advenir d’eux une fois la séance désastreuse terminée. Le pilon ? Le pilori ? De temps à autre, une mère de famille jette un coup d’oeil furtif et ahuri. « Mais qu’est-ce qu’elle fout là celle-là ? » C’est exactement ce que je me demande.