Lorsque nous travaillions ensemble, elle était l’élément cartésien de notre binôme. Carrée, diplomate, sérieuse, cérébrale, allemande. Elle adorait écrire dans les contraintes. J’étais l’exacte opposée, brouillonne, instinctive, tempétueuse. Ainsi se construisait l’équilibre de notre association. En écrivant à mon tour, je découvre que, contre toute attente, j’aime aussi les contraintes, les cadres, les figures imposées. J’explore mon côté allemand, mon côté Brigitte. Peut-être pourrions-nous inverser nos rôles si hâtivement distribués ? Je serais celle qui écrit et Brigitte celle qui dessine. Je me réjouis de découvrir son côté instinctif, brouillon, tempétueux.