Il me demande pourquoi je serre autant la mâchoire, me signifiant qu’il a rarement vu quelqu’un d’aussi tendu. Je ne lâche rien, Doc, je suis sur les dents. C’est pour ça. Je me méfie, je ne fais cadeau de ma confiance à personne. C’est tout mon corps qui est constamment sur la défensive. Doc répond qu’il n’y a pas de quoi. De quoi ai-je peur ?

C’est mon corps qui est mal branlé, Doc, il voit le mal partout. Tous les printemps, l’invasion des ennemis imaginaires s’opère et mon corps lutte, lutte, vainement, inutilement.

Je crains de sortir, j’observe les floraisons avec crainte, les envolées de pollens me font défaillir. Ça y est, je suis sur les dents. A mon corps défendant. A mes souhaits.