Je n’ai pas trouvé de clichés de Vivian Maier sur un vide-grenier mais de Viviane tout court. Mon amoureux trie des photos à mes côtés lorsqu’il me tend un lot de clichés : “Tiens, ça va te plaire, c’est un peu la version féminine d’Olivier.” Même scénario que pour Olivier, j’ai du mal à trier, je veux tout et j’abandonne à Marcel une somme un peu trop ronde pour l’usage que j’en aurais, mais j’ai décidé sitôt que je l’ai vue que Viviane serait, à l’instar d’Olivier, ma grande sœur. Je n’ai pas de photographie de ma vraie sœur, et pour cause, elle est morte à la maternité. Viviane a la charge de la remplacer. Je suis heureuse d’avoir ces souvenirs où la farceuse Viviane fait ce geste inimitable de la petite fille drôle qu’elle était.

Viviane est devenue une jolie adolescente. Je n’ai pas de clichés d’elle adulte. Peut-être étaient-ils dans la caisse du vendeur, je ne l’ai pas reconnue. Mon histoire avec Viviane s’arrête avec ses douze ans.