Recherche

journal intime universel

Camille Becquet

Mois

mai 2015

Mon oncle d’Amérique

Vous n’avez jamais rêvé qu’un riche oncle d’Amérique dont vous ignoriez jusqu’à l’existence vous fasse soudain la faveur d’un héritage fabuleux ? J’avoue je me suis laissée aller à cette faiblesse, anticipant déjà la pensée délicieuse de tous les cons que j’allais pouvoir envoyer paître désormais grâce à cette fortune.

Mais voilàtipas que je me réveille ce matin à la tête d’un patrimoine colossal. Mon oncle d’Amérique vient de me léguer cinq villas somptueuses à Miami et Hawaï. Le truc de dingue. Je suis même allée les visiter, j’en suis tombée à la renverse. 8 chambres par tête de pipe, piscine, palmiers. Manque plus que le petit personnel et c’est bon.

J’ignore encore combien de temps je vais pouvoir garder mon héritage, Airbnb m’informant que mon compte a été piraté. Mon oncle pirate a été généreux. J’espère qu’il va me permettre de conserver mon modeste petit studio parisien.

Manger

Voici mon dernier DIY que j’ai mis sur Etsy, parce que oui, maintenant je suis une petite commerçante. Ma boutique c’est ici !

Celui-ci c’est le dernier né et il s’appelle Manger. Il est au prix de 5,20 euros port compris.

Les mots (sans Jean-Paul Sartre)

Pas trop trop

Le comptable dit qu’il n’aime pas trop trop visiter les musées. C’est amusant cette répétition, cette façon d’amoindrir sa faute, il espère ainsi qu’on pardonnera plus facilement cet aveu honteux. L’âne Trotro n’aime pas trotrop les musées.

Les mots (sans Jean-Paul Sartre)

L’histoire se répète

Dans cet épisode du “Laboratoire de Dexter”, ce dernier invente une machine pour lui permettre d’apprendre le français en dormant. Sauf qu’immanquablement, la machine s’enraye et répète inlassablement “omelette du fromage”. C’est un peu ce qui m’arrive. Petite, j’ai pris la résolution de faire l’effort de retenir une bonne fois pour toute la différence entre le dromadaire et le chameau. “Ok, c’est pas compliqué, le dromadaire c’est celui qui a deux bosses.” Basta ! A 40 ans, je m’aperçois de ma bourde. Le bazar pour désapprendre ! Et réaliser que l’on a vécu tout ce temps dans le mensonge. Un peu comme ma tante qui découvre elle aussi à 40 ans que son père n’est pas son père. Comment ça j’exagère ?

Les mots (sans Jean-Paul Sartre)

Rosa rosas rosis (dans le désordre)

Lors de l’inscription le monsieur a demandé : “Lettres classiques ou lettres modernes ?” puis devant mon air interloqué : “grec ou latin ?”

Vu que je n’avais étudié ni l’un ni l’autre, ça commençait bien.

J’ai donc suivi le cours de latin pour débutants de Mr Touchefeu, avec sa manie touchante de trébucher sur les syllabes tout en feignant de tousser dans son poing. On l’a surnommé Touchefeufeu.

Je me suis vite fait remarquer dans son cours.

Pas vraiment parce que j’y brillais.

Chaque fois qu’il m’interrogeait, Mr Touchefeu désespérait devant la lenteur de mes réponses, m’observant laborieusement réciter mentalement la déclinaison de rosa avant de sortir un datif approximatif. Il finissait par éclater de rire et évitait soigneusement de m’interroger la fois suivante pour ne pas trop ralentir les apprentissages.

Ca c’était la première année. Attention, deuxième année, tout change ! J’ai décroché l’arme ultime, le St Graal du poil dans la main : les corrigés de TOUTES les versions du cours que mon amie Valérie a suivi l’année précédente. Au départ, j’ai bien fait semblant de chercher mais je suis vite tombée dans l’addiction. En cours, j’hésite un peu, je tâtonne vaguement mais je suis toujours là pour débrouiller les traductions les plus délicates. J’ai décroché le gros lot. Touchefeu m’adore, je suis sa préférée, sa Becquet-béquille. Il est certes souvent déçu par mes résultats aux examens. “Ah, vous n’étiez pas très en forme Melle Becquet !” “J’avais la grippe Mr Touchefeu.”

Je ne me souviens absolument pas quelles notes j’ai décrochées aux examens terminaux mais j’ai passé une super année.

Les mots (sans Jean-Paul Sartre)

Cadeau

Je lui ai dit scoliose, elle m’a répondu syphose. Anne m’a donné un nouveau mot.

Les mots (sans Jean-Paul Sartre)

L’écriture comme arme de séduction très peu massive

D’une manière peu cérémonieuse, il me tend ma copie et marque un temps de silence, une respiration, un soupir de musique . Il savoure son effet. Il se penche et me cède mon devoir tout de suite.

“C’est très faible, mademoiselle.”

Ça y est, il vient de briser ma carrière de géographe.

Les mots (sans Jean-Paul Sartre)

La minute scientifique un peu pénible

Fut un temps où mon amour des mots connut une révélation dans la découverte de la linguistique. J’aurais aimé pratiquer un métier dans ce domaine d’études avant qu’une autre passion ne me rattrape. Outre leur musicalité, je découvre dans les mots une mécanique quasi horlogère, d’un coup ils se découpent en phonèmes, labiales, dentales, nasales, chuintantes. De minuscules syllabes rangées en catégories selon le travail qu’elles réclament à nos organes. Qui s’organisent en ordre précis pour former un son compréhensible. Ou presque. Les jeunes enfants, lors de leur apprentissage de la langue, pratiquent souvent des raccourcis pour leur éviter un trop grand écart mécanique. Par exemple, un mot qui débuterait par un b (labiale – les lèvres), qui contiendrait un g (guturale – la gorge) et se terminerait par un l (linguale – la langue) est extrêmement difficile à prononcer pour un jeune enfant, le son qui demande à parcourir les lèvres à la gorge étant le trajet le plus long. L’enfant va donc choisir un rapprochement des syllabes (gu peut ainsi devenir du ou bu, et même les plus petits rapprochements sont bienvenus : dentale-labiale deviennent labiale-labiale : boboggan) pour lui faciliter la tâche. Et généralement se faire parfaitement comprendre tout en provoquant l’hilarité.

Chiche, le prochain post, je réécris tout en langage enfantin avec rapprochement des syllabes et on rigole enfin, oké ?

Les mots (sans Jean-Paul Sartre)

La fête à Neuneu

Lorsque j’ai commencé ma première année d’hypokhâgne, j’étais très emballée. J’étais sûre que ce serait la fête de la Littérature, j’allais en voir de Belles Lettres et plus qu’à mon heure, j’allais plonger dans le surréalisme, le nouveau roman, le romantisme, les Lumières, bref, festival. Que nenni ! C’était la même chose qu’avant, en plus ennuyeux. L ‘Arnaque avec un grand A. Français, histoire, géo, anglais, allemand… Pffouii, la tannée, le rasoir quotidien. Comment étais-je sensée grandir, m’élever avec un programme pareil ? On nous a même collé cartographie. Ah ça, on allait en construire de jolies cartes Michelin, regarde ma belle courbe, tu l’as vue mon échelle au 5000ème et ma cote de malade ? En Lettres Sup ! C’est vrai, des fois que j’espèrerais devenir écrivain, ça peut toujours servir pour une envolée lyrique topographique .

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑