Bonbons

Petite, j’aimais que l’on m’offre de nouveaux mots que je dégustais avec délice. Les mots extraordinaires, les mots étonnants, drôles, inutiles, inusités, imprononçables. Comment ne pas être séduit par “zinzinuler”, “picogramme” ou “boubouler” ? Le bonheur de se perdre dans un dictionnaire ! Lorsqu’on m’apprenait une nouvelle règle de grammaire, c’était mieux que si l’on m’avait proposé un bonbon. A faire fondre sur la langue, longuement. Et je ne vous parle même pas du passé simple. Le passé simple me tire des larmes de bonheur. Autant dire que mon comptable n’en a cure et que l’adolescente trouve la phonétique bien suffisante. Les instituteurs vous rassurent, on attend des enfants d’autres compétences. Débrouille-toi avec ça. Pourtant, une bonne règle de grammaire, c’est le cadeau d’une poésie ou d’une vraie chansonnette. “Je commence à m’apercevoir qu’apercevoir ne prend qu’un p”. Non ? Vraiment ? Je suis la seule à aimer ça ? Quelqu’un ?