La minute scientifique un peu pénible

Fut un temps où mon amour des mots connut une révélation dans la découverte de la linguistique. J’aurais aimé pratiquer un métier dans ce domaine d’études avant qu’une autre passion ne me rattrape. Outre leur musicalité, je découvre dans les mots une mécanique quasi horlogère, d’un coup ils se découpent en phonèmes, labiales, dentales, nasales, chuintantes. De minuscules syllabes rangées en catégories selon le travail qu’elles réclament à nos organes. Qui s’organisent en ordre précis pour former un son compréhensible. Ou presque. Les jeunes enfants, lors de leur apprentissage de la langue, pratiquent souvent des raccourcis pour leur éviter un trop grand écart mécanique. Par exemple, un mot qui débuterait par un b (labiale – les lèvres), qui contiendrait un g (guturale – la gorge) et se terminerait par un l (linguale – la langue) est extrêmement difficile à prononcer pour un jeune enfant, le son qui demande à parcourir les lèvres à la gorge étant le trajet le plus long. L’enfant va donc choisir un rapprochement des syllabes (gu peut ainsi devenir du ou bu, et même les plus petits rapprochements sont bienvenus : dentale-labiale deviennent labiale-labiale : boboggan) pour lui faciliter la tâche. Et généralement se faire parfaitement comprendre tout en provoquant l’hilarité.

Chiche, le prochain post, je réécris tout en langage enfantin avec rapprochement des syllabes et on rigole enfin, oké ?