Panda Style – 71 rue Léon Frot 75011 Paris

Je suis passée de nombreuses fois devant l’enseigne sans jamais prendre le temps d’étudier son cas. C’est mon petit comptable qui la remarque à chaque fois que nous la croisons sur le chemin de l’orthodontiste, son nom est plus qu’attirant : Panda Style. Soit une nourriture de panda, stylée qui plus est. C’est prometteur. On n’a pas les mêmes critères de sélection quand on a onze ans. Mon ami Vincent l’appelle Pandi Panda.

J’avoue j’ai fait la fine bouche et il suffit que Vincent me recommande l’adresse pour qu’aussitôt je veuille à tout prix y manger. Vincent m’a mise en garde, la personne qui tient le restaurant est étudiante donc ce n’est pas toujours ouvert (et accessoirement, elle oublie les commandes de la veille). Nous avons de la chance ce vendredi, lorsque nous entrons dans l’échoppe – il ne règne que quatre tables à tout casser – seules deux personnes hésitent à passer commande devant nous. Ce que Vincent a oublié de préciser par contre, c’est que le chef cuistot/serveuse n’est pas des plus aimables, mais comme mes deux adresses bellevilloises préférées de raviolis sont bâties sur le même modèle de convivialité, nous n’en faisons pas cas.

En attendant nos plats, nous sommes obligés d’écouter la conversation des deux autres clients tant l’un d’eux parle fort. Je n’ai pas l’impression qu’il s’en rende compte, à moins qu’il fasse l’intéressant. Il semble faire une formation en accéléré à son interlocuteur, un pauvre garçon qui ressemble à Kad Merad, de son appli Tinder. J’apprends qu’il s’appelle Yann (Yannos pour les intimes) et ça lui va bien. Il a tant d’amis mais il se mélange toujours entre Fred, Greg et Ben, Delphine et Tiphaine (qui a grossi). Trop de plans électro qui défoncent sans doute. Son dernier match Tinder n’a abouti à rien et c’est vrai, on a envie de se lever de table pour aller lui dire :

Yannos, c’est normal, t’es pas un appolon non plus, tu parles trop fort, tu racontes que du caca, tes baskets jaunes sont immondes et le chignon pour garçon, c’est pas possible.”

Mais à ce moment, la serveuse abat un bol énorme sur la table et dit : “Soupe !”

C’était très bon mais je garde quand même une légère préférence pour mes cantines à raviolis de Belleville. Bien évidemment, il n’y a pas de toilettes non plus.

Quand je suis sortie, Yannos confiait à Kad Merad : “J’aime bien le charme d’une vraie rencontre” tout en se plaignant qu’avec le printemps, il y avait trop de ptits culs partout. Nous avons laissé le poète deviser.