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journal intime universel

Camille Becquet

Mois

janvier 2016

Ras des pâquerettes

Je ne crois pas avoir tout compris pendant le débat sur « construire ». On y a parlé beaucoup de textures, d’éthique de soi et de détails. Et mon esprit n’était fixé que sur cette interrogation, perdue au milieu de ces envolées hautement intellectuelles : pourquoi l’auteure, si soucieuse de détails, a-t-elle choisi ces affreuses chaussettes blanches ?

Adolescente

«  »Ma mère est rabat-joie ». Ah, voilà un article qui m’intéresse !…. »

Dans la rue

Un incendie. Un rez-de-chaussée calciné. Tout un fatras noirci en vrac sur le trottoir, des bribes, des bouts, des trucs, de la suie et du charbon. Et cette petite fille affairée, sérieuse, concentrée, qui farfouille dans cet amas et extirpe cérémonieusement quelques livres un peu jaunis qu’elle expose ensuite sur le parvis au-dessus d’elle. Arte povera.

Il est interdit d’interdire

En entrant dans la douche, gels douches exposés.

« Red Sun » et « Pour homme ».

Je ne comprends pas cette injonction.

M’en fous, je préfère le savon.

Prénom

La Mairie de Paris me voit comme quelqu’un de très angélique. Elle a écrit à la Camillo qui est en moi. Il ne me manque plus que le titre très noble de Don et je vais pouvoir me lancer dans les ordres.

Chien et chat

Dès qu’apparaît sur l’écran de mon téléphone portable la petite pastille rouge m’indiquant le nombre de messages en attente, je commence à paniquer. Holà, un message auquel je n’ai pas répondu ! Une personne attend impatiemment que je daigne lui accorder mon temps, une personne attend que je lui témoigne mon attention, mon affection, mon retour. Bref, il faut vite que la pastille rouge disparaisse de l’écran pour que je retrouve ma sérénité.

Je jette un œil sur le portable de mon frère, un du dernier cri et chic. Je manque défaillir à la vue du nombre de messages en attente indiqué par sa messagerie : 23 654.

Dans la rue

C’est vertigineux, le nombre de photos de touristes où l’on se retrouve passer en arrière-plan par hasard !

Autour d’un verre

C’est l’heure du bourgogne aligoté annuel avec Olivier. Il a perdu son sac à dos pendant son trajet Caen/Cherbourg (si vous vous demandez qui est l’idiot qui a laissé un colis supect dans votre transport en commun, ne cherchez plus), sa carte de réduction SNCF également. Tout à l’heure, il retourne au Quartier Général où il espère retrouver son manteau. Le lendemain, il m’appellera pour aller récupérer sa besace qu’il a oubliée au QG encore et ses bds chez Jürgen. Le nom du propriétaire du bar ? Il a un trou…

Oui je crois qu’Olivier a des trous dans la tête.

Autour d’un verre

Son ami tokyioite l’a emmené, comme le veut la tradition et les règles de la politesse japonaise, dans un excellent restaurant de tempuras. Le repas fut accompagné d’un délicieux saké qui fit rapidement effet sur sa frêle silhouette. Au moment de partir, il sentit l’ivresse lui tourner la tête en se relevant et le sol tanguer. Il confia à son hôte sa perte d’équilibre et s’en excusa. L’ami, plein d’indulgence sourit et le détrompa : “No, earthquake.”

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