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journal intime universel

Camille Becquet

Mois

février 2016

Perdue…

Un post de mon ancien blog, qui j’espère fera sourire Valérie…:

J’apprends comment soulager les piqûres d’orties.

J’apprends à cuisiner les orties.

Je visionne des tutos pour savoir allumer un feu. Je suis persuadée que j’en aurais besoin un jour d’appocalypse.

J’apprends ce qu’est l’amadou.

Je découvre que faire du feu, c’est pas de la tarte.

J’apprends qu’il vaut mieux avoir un briquet sur soi, en toute circonstances.

Je m’achète un briquet. Un deuxième au cas où.

Je suis persuadée qu’il me faut un kit de survie.

Je rêve d’avoir une mini couverture chauffante.

Je visionne des tutos pour construire une cabane.

C’est pas de la tarte.

Il me faut un couteau.

J’en achète un, énorme, un truc de chasse ou de pêche. Tiens, pour la peine j’en offre un à mon père.

Il est tellement effrayant que je ne l’emporte jamais. Je me ferais arrêter pour terrorisme.

Je ne sais plus dans quel sac je l’ai rangé. Pourvu que je ne l’emporte pas par mégarde à l’aéroport.

Je me renseigne sur des stages de connaissance, cueillette et consommation de plantes de nos campagnes.

Seule la perspective de devoir camper avec des inconnus me retient.

J’ai acheté le « Petit Guide de Survie » et « Manuel de Survie en situations extrêmes ». Titres de chapitres : « Comment faire atterrir un hélicoptère si le moteur vous lâche » ou « Comment échapper à un gorille en colère ». On ne sait jamais, ça peut servir.

J’ai fini les trois « Lost in Blue » sur ma DS.

Je deviens experte en ramassage de noix de coco.

Mes enfants sont morts de rire à me voir dégommer les poulets sans pitié alors que je ne mange pas de viande.

On m’offre le jeu : « Mission Survie ».

Je sais pertinemment que je ne survivrais pas plus d’une journée en milieu hostile.

J’ai lu : « Robinson Crusoé », « Vendredi ou les limbes du Pacifique », « Survivant », « L’Ecole emportée », « Dragon head », « La Route ».

J’ai vu : « Lost », « Seul au monde », « Le dernier homme sur terre », « le jour d’après », « 28 jours plus tard », « Malevil », « Sa majesté des mouches », « Je suis une légende », « Blindness ».

Même « Hunger Games »…

J’ai peut-être une légère obsession…

Surnom

Son surnom du jour a fusé devant son air ahuri, naïvement authentique. Ce jour-là, on voyait l’Isabelle Adjani en elle.

Mais saviez-vous qu’Isabelle Adjani fume en cachette ?

Adolescente

« Nénufar ? Non mais n’importe quoi ! »

Ah bon ? Et « ont tiens bon », ça ne gêne pas aux entournures ?

Fotoalbum

De tous mes tontons, Tonton Patrick a toujours été mon préféré. Il essayait souvent de nous intéresser à ses marottes, et elles étaient nombreuses : mycologie, sciences naturelles, herboristerie, astronomie, photographie, littérature, cinéma, cuisine… Aujourd’hui encore, il vient de découvrir un nouveau champignon en région Loire-Atlantique et de commercialiser sa marque de bière. A la fin de mes études, je suis allée habiter six mois chez lui. J’avais été frappée par son mini atelier qu’il avait installé dans le placard du couloir, au fond duquel on trouvait à la fois un labo-photo, un bureau avec son ordinateur, un microscope, une lunette astronomique et mille choses encore. Un concentré de passions dans un réduit. Ce placard le résumait bien. Un grand homme réduit à une petite vie.

Prénom

Je croise souvent Stéphane sur son vélo. Stéphane est une star. Ultra cool avec ses dreadlocks, sa patience angélique, il était l’animateur vedette de la maternelle de mes enfants. Tout le monde adorait Stéphane, tout le monde voulait manger à la table de Stéphane, montrer ses billes à Stéphane, être consolé par Stéphane : une star ! Et puis, un jour, Balthazar a fait ce que tout le monde n’aurait même pas imaginé en rêve : il a invité Stéphane à son anniversaire. Et Stéphane est venu.

Balthazar est ainsi lui aussi devenu une star.

Prénom

Au bout de cinq années de collaboration, Agnès m’a dit : “Et si on se tutoyait ?”

Comptables

Je les vois bien regarder en biais la maison de retraite qui jouxte notre immeuble. “Tu seras bien là, plus tard.” Mes enfants s’imaginent déjà profiter de la jouissance, enfin, de tout l’appartement.

Prénoms

Comprenez mon désarroi : je m’aperçois au bout de douze années de résidence dans le quartier que mon dépanneur informatique ne s’appelle pas Tony mais Tomy. Vas-y la méchante surdité latente. Mes oreilles viennent de se déboucher après une demi-heure passée dans sa boutique en plein milieu adolescent. Au début, je me suis étonnée de ce que Tomy- donc – fasse travailler quelques grands fauves. J’en vois un qui époussette les étagères de l’arrière-boutique. Je le trouve un peu gonflé. Je pense qu’en échange d’une ou deux heures de jeux en ligne, ça vaut pas. Jusqu’à ce que Tomy décroche son portable et dise :

Allo, stagiaire numéro trois ?”

C’était donc uniquement de la charité. Cet homme est un saint. Sourd d’ailleurs, sinon ce n’est pas humain. Une chose est claire, stagiaire numéro trois ne viendra pas aujourd’hui, il a des trucs à régler avec la préfecture. Comme hier déjà.

J’ai donc appris pendant cette fructueuse demi-heure que certains lycées n’enseignent que des trucs de “bonhomme”, que Sammy doit rappeler sa maman, que Eddy-du-karaté est devenu un immense ado taiseux qui fait semblant de ne pas me reconnaître et que le vieux monsieur qui a poireauté vingt minutes reviendra parler à Tomy quand il y aura moins de monde, parce que son projet, ça implique Facebook et que Mark Zuckerberg est déjà sur le coup. Il lui a demandé de le rappeler immédiatement, et même avant (sic).

Oui oui, rue Plichon, Paris 11ème. Je te crois, vieux…

Tomy doit se les farcir de l’adolescence à la sénilité. Un sacerdoce.

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