Le veille, mon père m’a raconté un épisode où j’étais restée enfermée dans un placard dont je ne me souvenais pas. J’ai pensé, ayé, ça fout le camp, c’est mal barré pour le défi de demain.

J’ai enfourché le vélo (graisseux, un manteau niqué), puis me suis laissée guider par les souvenirs. Retrouverais-je le chemin tant de fois parcouru ? Au bout de quatre virages, j’étais déjà perdue en mer. J’entendais pourtant les chevaux hennir en loin. Même croisé une cavalière. Je ne reconnaissais rien. Encore un peu. Une roue. Encore une autre. Foutu pour foutu, allons jusqu’au bout de cette interminable route. Et précisément au bout, la maison des chevaux est apparue.

Rien n’avait changé. Le berger allemand gardait toujours fidèlement l’entrée du centre. Je ne suis pas allée voir si Yves ou Serge donnaient encore leurs reprises, si Hector ou Gepetto avaient pris leur retraite, j’aurais été déçue.

J’avais seulement besoin de le savoir là, et que je saurai encore y revenir la prochaine fois.

(pour le cambouis sur le mouton, on nettoie avec de l’essence S, vous n’aurez pas complètement perdu votre temps).