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journal intime universel

Camille Becquet

Mois

janvier 2017

Maraboudficelle

En route pour les impôts, je croisai sur mon chemin une mini crèche (atelier bienveillant) du mercredi où un bambin de trois ans était affairé, raclette en main, à nettoyer la porte vitrée, sous l’œil vigilant de sa….nounou ? Que les filles du futur se rassurent, la formation en arts ménagers chez les garçons commence tôt désormais. Tenez-vous bien, le monde change.

Est-ce cette inquiétude qui a poussé un peu plus loin, deux amoureux à sceller leurs cadenas sur une grille quelconque devant la pharmacie d’un boulevard bruyant ? L’urgence leur aurait fait passer outre le glamour du lieu.

Au service TVA des impôts, un usager avait trompé l’attente en ajoutant tous les accents sur les capitales de l’affichette qui jouxte la fenêtre du préposé. Il a oublié par contre de corriger celle du dessus.

La jeune femme qui s’occupait de mon dossier avait résolu mon problème. « C’est pas grave, puisque vous avez payé. » Avec les services fiscaux, les solutions sont simples.

Snapshot – Père Lachaise

Acheté le 03.09.16

Une femme à grand nez baisse le regard vers un chat noir qu’elle tient dans ses bras, sur un balcon. le chat baisse également son regard vers un sujet hors champ.

(photo visible sur demande)

Le snapshot de lundi dernier

Quartier pas si lointain

Le parc de Belleville, tout en haut de ma rue, abrite une population fournie de petits greffiers sauvageons, modèles noirs et blancs, voire tigrés. On s’arrête là sur les nuances. Quelqu’un vient les nourrir, je connais la cachette.

Mon amie Catherine aussi nourrissait les chats de sa résidence. Cette activité lui valait une certaine inimitié de quelques copropriétaires. Un jour, alors qu’elle prenait l’ascenseur, blouson noir sur le dos et boîte de Félix en main, elle tomba nez à nez avec la vieille dame qui jetait la pâtée qu’elle offrait à ses protégés. Elle lui dit la prochaine fois que tu la jettes je te la fais bouffer. Je crois que la dame lui a fichu la paix ensuite.

Quartier pas si lointain

Vincent m’a offert un cadeau comme lui seul sait les faire. Quel homme ! J’ouvre la brochure, dans son jus d’époque. J’y trouve le plan exact de mon atelier. Pile celui que le notaire avait oublié de me donner. Heureusement que Vincent voyage dans le temps pour pallier les négligences du notariat.

Vous avouerai-je aussi qu’il l’a trouvé dans les poubelles ?

Quartier pas si lointain

Outre le fait qu’elle soit une arène Pokemon, l’église Notre-Dame de la Croix a célébré le mariage des protagonistes de l’Écume des jours (2013). Boris Vian s’est invité dans mon quartier sans l’avoir demandé. Georges Perec, par contre, a terminé en toute connaissance de cause, son film « L’homme qui dort »(1974) par un plan sur le panorama de Paris que l’on trouve en haut de ma rue. Georgie connaissait bien mon quartier puisque c’était le sien, aux premières années de sa vie. Je le découvre dans son livre « W ou le souvenir d’enfance ». Rue Vilin, je guette les numéros 1 et 24, les deux adresses mentionnées. Plus rien, tout a été détruit, remplacé par une assez vilaine résidence. Rue Vilin, bien obligé ! Pas une seule plaque, effacé le souvenir d’enfance, effacé Perec. Une Disparition.

Quartier pas si lointain

Mon quartier est fier de sa photogénie. Il faut lever les yeux. Sur la paroi de l’immeuble qui jouxte mon supermarché, une fresque rend hommage au film d’Albert Lamorisse (1956). Le ballon rouge déborde. C’est ici qu’habite le petit garçon du film.

Quartier pas si lointain

J’ai longtemps cherché un point d’orgue à mettre en avant sur mon annonce Airbnb pour attirer le voyageur. Dans mon quartier résolument populaire, pas un seul monument célèbre, pas même un seul Zara ou H&M. Voyageur, si tu viens ici, ce sera pour la vue imprenable. Mais pour cela il te faudra grimper.

C’est Vincent qui pointe le premier un plan célèbre de notre quartier dans un film de Granier-Deferre, « La métamorphose des cloportes »(1965). On aperçoit l’escalier qui enjambe la petite ceinture dans la rue qui relie son appartement et mon atelier. Mon quartier est cinématographique. Même si, au grand dam de mes voyageurs, on y a jamais croisé Amélie Poulain.

Prénom

Melissa déteste qu’on l’appelle Mel. Qu’on n’évoque surtout pas Mel B ou Mel C des Spice Girls, ça la met en pétard. A l’école, on la surnommait Smell. Aujourd’hui, elle biche, sur sa carte de séjour, il est écrit Mélissa avec l’accent aigu français.

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