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journal intime universel

Camille Becquet

Mois

février 2017

La confiture aux cochons

Hélène prétend que la pâtée pour chats était exquise autrefois. Les mets proposés auparavant à nos petits compagnons étaient si savoureux que les entreprises concernées auraient été priées de revoir leurs recettes, au motif que nombre de retraités désargentés s’en nourrissaient. Je ne vois pas où est le problème, fais-toi plaiz Papy. Pour ma part, pâtée pour chats ou pot-au-feu, c’est kif-kif, tout me paraît dégoûtant. Mes chats partagent également mon opinion. Depuis que je leur achète du Whiskas, ils chipotent. Ils n’aiment pas goût poisson. Pis poulet non plus. Pis pas canard. Pis quoi encore ?

Je les ai prévenus, si vous continuez les gars, je file tout le lot aux chats du parc de Belleville, des ptits marlous qu’ont faim, eux, des qui font pas les difficiles.

Enfin, je dis ça mais chaque fois que je passe au parc, il reste toujours de la pâtée dans leur gamelle. Sûrement parce que c’est celle au poisson. Ou poulet. Ou canard.

Le snapshot de la semaine dernière

Snapshot – Mauerpark à Berlin

Acheté le 07.08.16

Au milieu d’une vaste étendue d’herbe desséchée, un homme en veston tire malhabilement sur les rennes d’un poney blanc et fauve qu’il ne chevauche qu’à demi. Ses souliers cirés touchent le sol.

(photo visible sur demande)

Mon truc en plumes

Lorsque j’écris à Guillaume, c’est souvent pour lui donner des nouvelles des enfants et des chats, quelques bêtises et las, assez peu d’échanges littéraires bien qu’il soit un grand lecteur. En retour, Guillaume m’envoie des photos de Stockholm sous la neige ou de curieux petits Suédois en costume de pain d’épice.

Que nous sommes-nous retrouvés à parler coussins ? Tellement surréaliste que Guillaume a conclu que dans la vie, on avait trop de coussins, trop de meubles, trop de disques, trop de pianos (pas dans ma maison du diable).

J’ai compté pas moins de 11 coussins et 4 oreillers à mon atelier, pour moi seule. Je confesse une passion pour ces carrés de plume.

Cependant, puis-je sauver l’honneur de ces objets futiles en avouant qu’au cours de mon adolescence, les coussins ont eu grande vertu d’éducation sentimentale ? Que de fois me suis-je entraînée à embrasser d’imaginaires amoureux sur des coussins moelleux ! Je trouvais que « cushion » et « kiss » avaient des sonorités fraternelles.

Ensuite, j’ai vite compris que les baisers des princes charmants n’avaient rien à voir avec ceux de mes coussins.

Prénoms

Les grands-tantes s’appellent Tante Héloïse, Tante Pauline ou Tante Zoé. Seules les vraies tantes, les sœurs de nos parents, ont droit à leur seul prénom.

Couleurs

Mon pépé, parmi ses activités manuelles, adorait repeindre les volets de sa maisonnette. On arrivait le mercredi matin et on sentait bien que quelque chose avait changé. Un coup de frais. Car jamais le pépé ne dérogeait à la couleur verte. A la rigueur lui accordait-il une teinte différente, un peu plus bleue parfois, légèrement plus jaune une autre. Mais vert à jamais. Il m’arrive de passer encore devant cette maison, vendue à d’autres depuis bien longtemps. J’hésite parfois à la reconnaître. Il faut bien l’avouer, sans ses yeux verts, ce n’est plus la maison de mon pépé.

Mon frère aussi n’aimait que le vert. Et moi qui le détestais. Si l’on nous offrait le même pyjama ou le même pull, je regardais avec pitié sa version chou et me réjouissais qu’on m’ait offert l’orange chatoyant. Je n’aime toujours le vert qu’avec parcimonie, comme si ce peu d’attirance primale restait gravé dans mon goût et mes choix. Si ce n’est dans mon assiette ou pour les plantes où la chlorophylle est toujours bienvenue.

Avant de m’endormir, lorsque je ferme les yeux, je vois des associations de couleurs, auxquelles je n’aurais sûrement pas pensé dans la journée. J’ignore pourquoi mon cerveau me les montre. Je me demande si un moi inconscient n’essaie pas de me souffler que je suis sur une fausse route, avec mes éternels oranges et mes combinaisons longtemps éprouvées. Je me dois d’admettre que les propositions sont aussi surprenantes que flatteuses. J’essaie de retenir la leçon, hélas au matin mes yeux ont tout oublié, ne me reste plus qu’à espérer le soir pour en apercevoir d’autres, plus audacieuses encore, qu’au matin j’aurai à nouveau oubliées. Quelle pauvre cervelle j’ai.

Une nuit, j’ai rêvé d’un bleu qui n’existait pas. Un bleu irréel, venu d’ailleurs, d’une autre galaxie peut-être? Impossible à retranscrire et pourtant si présent encore à mon réveil. Est-ce étrange de rêver de couleurs ? Je suppose que certains, autrement faits que moi,  doivent rêver de notes de musique, de mélodies, d’accords inédits. Sûr que tout cela m’est étranger, sourde que je suis au nectar des oreilles.

 

Animals

Les croisés

Le père d’Hélène n’aimait pas les chats. Cela n’a nullement empêché celle-là d’en ramener un à la maison, un beau chartreux de campagne qui s’est mis à repeupler les alentours plus vite qu’un lapin. Parfois, il ramenait une conquête au ventre rond et la laissait manger dans sa gamelle. Il guettait tous les jours sur le buffet le retour du père d’Hélène qui le prenait alors sur ses épaules et passait le reste de sa journée avec le félin sur le dos. Il était surnommé le troisième fils. Un jour cependant, il n’est pas rentré d’une de ses croisades et sa descendance s’est arrêtée là.

Le frère d’Hélène a, pour sa part, rapporté deux cochons d’Inde et ils ont fini avec 40 bestioles sur les bras.

Le snapshot de la semaine dernière

Le snapshot d’il y a deux semaines

Les participations faiblissent… Dessiner, c’est du boulot apparemment 😉 Inscrivez-vous ! Je félicite Nadia et Philippe pour leur imagination débordante…

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