Lorsque j’écris à Guillaume, c’est souvent pour lui donner des nouvelles des enfants et des chats, quelques bêtises et las, assez peu d’échanges littéraires bien qu’il soit un grand lecteur. En retour, Guillaume m’envoie des photos de Stockholm sous la neige ou de curieux petits Suédois en costume de pain d’épice.

Que nous sommes-nous retrouvés à parler coussins ? Tellement surréaliste que Guillaume a conclu que dans la vie, on avait trop de coussins, trop de meubles, trop de disques, trop de pianos (pas dans ma maison du diable).

J’ai compté pas moins de 11 coussins et 4 oreillers à mon atelier, pour moi seule. Je confesse une passion pour ces carrés de plume.

Cependant, puis-je sauver l’honneur de ces objets futiles en avouant qu’au cours de mon adolescence, les coussins ont eu grande vertu d’éducation sentimentale ? Que de fois me suis-je entraînée à embrasser d’imaginaires amoureux sur des coussins moelleux ! Je trouvais que « cushion » et « kiss » avaient des sonorités fraternelles.

Ensuite, j’ai vite compris que les baisers des princes charmants n’avaient rien à voir avec ceux de mes coussins.