« Mes grands-parents avaient un couple d’oies, et je dois dire que le jars ne m’aimait pas. La première fois qu’il m’a pincé, je l’ai frappé au cou avec mon bâton, mais cela ne l’a pas empêché de récidiver. La deuxième fois, j’ai tapé plus fort et il s’est un temps tenu à l’écart. Un jour cependant, il me barre le passage, les ailes déployées, fumasse. Je lui ai lancé mon bâton comme un boomerang, la bête s’est couchée et n’a plus bougé. J’ai cru que je l’avais tué. Au bout de plusieurs minutes, il a repris conscience et ensuite, il m’a fichu une paix royale.

Lorsque la grand-mère a demandé au grand-père de lui apporter la jeune oie pour la manger, il lui a répondu qu’il était bien incapable de différencier les deux bêtes. « Mais tu sais bien les reconnaître, toi ! ». Un peu que je savais faire la différence. Je lui ai montré laquelle c’était, sauf qu’au dîner, la viande étant dure comme du caoutchouc, on m’a légèrement soupçonné de vendetta personnelle. »