L’adolescente est incollable sur les noms des Pokémons (7 générations tout de même, 802 bestioles grosso modo). En revanche, 5×8, c’est le black-out. Selon l’intéressée, les Pokémons ayant débarqué dans sa vie à l’âge de l’apprentissage des tables de multiplication, sa mémoire n’a pas eu assez de place pour tout ce petit monde. Je vous laisse deviner qui a été sacrifié au stockage.

Mon meilleur Pokémon est celui que je n’ai pas désiré. Imposé en début de partie (du nom de starter), j’étais un peu vexée de tirer au sort un singe. Coca (son petit nom) s’est révélé un lutteur hors-pair à double type (combat/feu). Un mec qui vous colle un uppercut et vous fait cuire au four. Leçon de vie : les personnes envers qui on a des réticences nous réservent souvent de belles surprises. Lorsque j’ai appelé une vieille dame qui récupérait des chats perdus pour en adopter un, je lui ai spécifié : pas un mâle, pas un roux. Qui est repartie avec un rouquin ? S’ensuivirent quatorze ans d’une belle histoire.

Mon amie Nathalie était une star dans son quartier, la seule maman connue à jouer à Pokémon. Ça défilait sec à la maison pour faire des échanges. Sa légende court encore. Pour ma part, j’ai dû supplier mes enfants de ne plus parler de mon addiction à leurs enseignants, ne m’étant attirée que leur mépris (je cumulais les erreurs, j’ai aussi acheté des mangas à ma progéniture).

Charles m’a gentiment dessiné un Pokémon personnel, Piluku. Je suis la seule à le posséder dans mon Pokédex. Les amis sont malins, une fois qu’ils vous ont dédicacé leurs livres, vous ne pouvez plus les revendre.