Je suis descendue à la gare d’Auxerre en compagnie du bien-aimé pour visiter la maison de la défunte Marie-Jeanne. MJ aura vécu toute sa vie en ce lieu, les choses qui y ont été accumulées offrent un inventaire insolite. On y découvre une collection de bocaux de verre, de cartons vides, de cagettes semi-éventrées, de savons datant de la dernière guerre mondiale donnant le vertige. MJ y aura vécu petite fille avec père, belle-mère, puis uniquement avec sa sœur lorsque le patriarche qui n’avait pas souhaité leur envol décéda. Bien que n’étant pas jumelles, ce qui frappe sur les photos des deux sœurs Roze, c’est qu’elles se sont habillées toute leur vie à l’identique. Marguerite, aujourd’hui nous porterons le tailleur beige et les sandales blanches. On ne s’autorise même pas la fantaisie d’une couleur différente comme dans les Demoiselles de Rochefort.

Aussi, lorsque nous ouvrons la penderie, quelle émotion de découvrir la garde-robe méticuleusement rangée, chaque tenue allant par paires rigoureuses. Les fantômes de Marie-Jeanne et Marguerite flottent encore dans l’armoire à l’étage.