Objet 10

5 chevaux suédois, hauteur de 11 cm à 3,5 cm, le plus grand en carton, les 4 autres en bois.

J’essaie toujours de me faire passer pour une Suédoise. Ça marche.

Depuis que je suis allée passer un été à Stockholm, mon cœur s’est installé dans l’archipel. En Suède même, on me prend pour une autochtone. Un comble quand on sait que mon suédois se limite à pardon (förlåt, très utile dans les transports), bonjour (hej, voire hej hej les bons jours) et merci (tack ou tack tack si l’on est enjoué. J’ai demandé si l’on pouvait pousser jusqu’à tack tack tack on m’a répondu non). Mais par exemple, essayez de me faire prononcer le nom de la station de métro Medborgarplatsen, le vernis se craquelle et on découvre une Camillou bien française.

Un jour je serai bien vieille et je m’en irai me retirer dans mes terres suédoises. Me confire dans le hareng mariné. Je pourrais vanter la douceur de la ville, la gentillesse des gens, la proximité de la nature et de l’eau. Mais Stockholm et moi, c’est une histoire de couleurs.

Plus je dessine, moins le trait m’intéresse, plus j’aime la couleur. Les Français ne l’aiment pas (il suffit de regarder leurs voitures). Comme me le faisait remarquer Pierre pas plus tard que dimanche, plus le ciel est gris, plus les gens ont besoin de couleurs. Il en est ainsi des Scandinaves.

La couleur comme remède à la mélancolie.