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journal intime universel

Camille Becquet

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mal branlés

Mal branlés

Ayé. Déclaration officielle du printemps par les pious pious des oiseaux qui draguent matinalement, annonçant par ailleurs la reprise des petits mouchoirs. Atchoums et pleurs prévus fort bientôt.

Mal branlés

Gattaca n’est plus un jeu de piste mais un jeu vidéo. Pour affronter le boss final, il faut monter les niveaux. Elle espère bientôt monter au trois, où l’on gagne la chambre individuelle, la fin des tuyaux et de TF1 surtout.

Adolescente

On nous propose de rester dormir aux côtés de l’ado. Par contre, pas de lit, juste un fauteuil. On joue les mauvais parents, il faut d’un coup qu’on aille urgemment s’occuper de son frère. Au matin, elle ne manque pas de nous faire remarquer que le père de l’autre fille opérée a dormi dans le fauteuil.

Gattaca

Mal branlés

Juste avant Gattaca se déclare mon rhume des foins. Les piafs ne se sont pas remis à chanter pour autant la nuit, mais je viens de lire que nous avons perdu quatre millions d’oiseaux en trente ans, les miens n’ont pas dû passer l’hiver. J’évite de penser à ceux que ramène le chat, je me sens écologiquement coupable. Je pars tous les matins pour Gattaca, en pleurs sur mon vélo parce que les arbres me tirent des larmes. Et j’essaie de faire croire à l’adolescente que c’est l’émotion. Ou bien je me cache derrière ces larmes de foin pour dissimuler les autres.

Mal branlés

Prénoms

L’infirmière du matin qui l’appelle ma belle s’appelle elle-même Kelly. Avec son père, on se demande quelle série sa mère a pu regarder pour la prénommer ainsi. J’opte pour “Drôles de dames”. Kelly Garrett, c’était la plus jolie. Il dit non, c’était Sabrina la mieux. On cherche pendant un quart d’heure le prénom de la blonde qui finit par me revenir. Jill. Il dit c’est moche. Je ne trouve pas. Ça ressemble à un prénom masculin. Sa compagne de chambrée qui semble dormir si paisiblement s’appelle Florence-Aurore. Le service de surveillance continue est le même que celui des grands brûlés. On vient lui installer sa pompe à morphine.

Mal branlés

Quelle ironie, son t-shirt imprimé avec le squelette d’une cage thoracique parfaitement d’aplomb !

Mal branlés

C’est ce truc invraisemblable des oiseaux qui ne chantent plus. C’est pas possible cette histoire de volatiles muets. Du coup ça me réveille. Leur silence me tire du sommeil. A cinq heures, je guette les tchips et les pîps. Le monde ne tourne pas rond, je le sens. Ma meilleure amie d’ailleurs a croisé trois fois Michel dans la rue hier. Cela fait un mois que Michel est mort. Ligne 2, 9 heures du matin, une femme chante “la vie en lose”.

Mal branlés

Tous les ans c’est la même chanson. Je guette l’arrivée du printemps. Savoir à quelle sauce je vais être mangée. Mon nez est un indicateur assez fiable, pour ça on peut dire que j’ai du flair. Sinon le chant des oiseaux. L’annonce du renouveau se fait par leur intermédiaire. Un barouf du tonnerre vers 4-5 heures du matin, du piou-piou en rut à gogo et vazy que mon ramage se rapporte à ton plumage. Pas moyen de dormir pendant des semaines rapport au raffut des piafs. Cette année, rien. A peine un tchip par ci par là, du cui-cui de décibel soporifique. C’est quoi cette affaire ? Il est où mon printemps morveux ? C’est bientôt la fin des oiseaux ? La fin du monde ?

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