Recherche

journal intime universel

Camille Becquet

Catégorie

paname

Trajet

Au départ, plusieurs trajets possibles. Souvent longer les écoles. Prendre la rue qui court le long du parc ou le traverser s’il n’est pas en travaux (souvent). Passer sur le trottoir en face de celui qui abrite des échafaudages depuis deux ans. L’église, la librairie, la montée. Maudire à nouveau les travaux de gaz ou d’électricité, jeter un œil à l’immeuble qui abrite en haut mon appartement idéal. On y est presque. Choisir le passage ou pas. Saluer le gardien ou pas, selon l’humeur de celui-ci. Attendre l’ascenseur.

Ce qui me manquera le plus : apercevoir le rayon de soleil qui se glisse sous la porte.

Mon quartier imaginaire

En son beau château, Princesse Louise se morfondait. Jusqu’au jour où Prince Charles pointa son fier destrier devant la forteresse et ravit le cœur de la demoiselle, éprise de ce fol amoureux. Ces deux là se sont bien trouvés.

Mon quartier imaginaire

La maison de l’ogre

C’est une maisonnette toute gentillette, avec son portail vert d’eau et ses beaux yeux gris, une demeure à qui l’on donnerait son nounours sans confession. Malheur, sitôt celui-ci serait pendu haut et court, dans la maison aux mille cadavres en peluche.

Mon quartier imaginaire

Le théâtre des vanités

Notre petit ego en représentation quotidienne. Nos états d’âmes exposés en long et en large et en travers. Ne suis-je pas la personne la plus importante au monde ? M’avez-vous bien lue, mon nombril sous les projecteurs ? Comme le chante si bien Albin de la Simone : « Blablabla bla, parlons plutôt de moi, non ? Faisons de moi notre passion. »

Mon quartier imaginaire

La gare

A peine a-t-on posé le pied sur le quai, les bras encombrés de bagages, que notre tête est déjà ailleurs, ivre des promesses du voyage à venir, les paysages grandioses qu’on y verra, les saveurs, les senteurs, les couleurs.

Vivement qu’on soit déjà arrivé ! Et surtout, vivement qu’on soit rentré !

Mon quartier imaginaire

La cinémathèque

On n’y profite que de rétrospectives fleurant bon la chlorophylle. Lundi, « le dahlia noir » est au programme, mardi « La rose pourpre du Caire » et mercredi « Magnolia ». Les jours suivants, « Fanfan la Tulipe » (on y croisera peut-être mon voisin), « Les fraises sauvages » et « Broken flowers ». La semaine s’achèvera par une apothéose au jardinage, la célébration de celui sans qui tout cela ne serait possible : « Soleil vert ».

Mon quartier imaginaire

La Grande Bibliothèque suédoise

A tous les étages, des rayonnages contenant les livres illustrés d’Emma Adbåge. Vous ne connaissez pas Emma Adbåge ? Pas étonnant, les éditeurs français boudent son travail. Aussi dans ma bibliothèque, on trouverait tous les livres d’Emma Adbåge, traduits dans toutes les langues du monde. Je n’en serais pas réduite, chaque fois que je me rends à Stockholm, d’acheter ses précieux ouvrages sans y comprendre que pouic. Car dans les ouvrages d’Emma Adbåge (vous avez retenu ?), on trouve mille détails de la vie suédoise, des imprimés scandinaves, des petites plantes grasses aux fenêtres, des suédois en chaussettes, des papas au foyer. Juste ça et j’ai déjà envie d’être là-bas.

Mon quartier imaginaire

La maison de l’Airection

Grands Dieux ! Une maison de passe dans mon quartier !

Mon quartier imaginaire

La maison cassée

Une maison qui ne tient plus qu’à une poutre, qu’on dirait qu’elle sort d’une comptine pirouettecacahuète avec sa grande cigarette. Je me sens privilégiée de n’avoir connu ni cambriolage ni incendie. Quelle sensation étrange de retrouver ses affaires en vrac sur le trottoir, mi-calcinées, mi-détrempées. Avec comme auditoire le public que se sert comme il préfère dans l’amas de vos souvenirs. Peut-être, dans le meilleur des cas, éprouve-t-on dans ce grand chambardement une catharsis inespérée ? Pour le moment, je continue de conserver mon petit bazar et je médite sur cette table rase par le feu.

 

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑