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journal intime universel

Camille Becquet

Catégorie

voyager

Helsinki 1

Des verres et des serviettes Marimekko

Trésor du design finlandais. Comme les Moomins et Tom of Finland, les objets sont vendus au prix de l’or. Aussi faut-il se satisfaire de la vaisselle offerte à bord du Finnair et troquer la porcelaine et le coton pour le carton et le papier. Le Marimekko du pauvre a le mérite d’être gratuit (ajouter le prix du billet d’avion tout de même).

La maison Roze

Je suis descendue à la gare d’Auxerre en compagnie du bien-aimé pour visiter la maison de la défunte Marie-Jeanne. MJ aura vécu toute sa vie en ce lieu, les choses qui y ont été accumulées offrent un inventaire insolite. On y découvre une collection de bocaux de verre, de cartons vides, de cagettes semi-éventrées, de savons datant de la dernière guerre mondiale donnant le vertige. MJ y aura vécu petite fille avec père, belle-mère, puis uniquement avec sa sœur lorsque le patriarche qui n’avait pas souhaité leur envol décéda. Bien que n’étant pas jumelles, ce qui frappe sur les photos des deux sœurs Roze, c’est qu’elles se sont habillées toute leur vie à l’identique. Marguerite, aujourd’hui nous porterons le tailleur beige et les sandales blanches. On ne s’autorise même pas la fantaisie d’une couleur différente comme dans les Demoiselles de Rochefort.

Aussi, lorsque nous ouvrons la penderie, quelle émotion de découvrir la garde-robe méticuleusement rangée, chaque tenue allant par paires rigoureuses. Les fantômes de Marie-Jeanne et Marguerite flottent encore dans l’armoire à l’étage.

Cambrousse sur mer

Histoire dans les poches de mon père

« Je n’ai jamais rencontré d’animosité de la part des Français lorsque je suis arrivé en Corrèze auprès de mon père après la guerre. Aucune remarque raciste, ou de vainqueur. La seule insulte que m’ait lancée mon instit – et Dieu sait si je la méritais souvent – c’est « fichue tête carrée « .

Histoire dans les poches de mon père

« Je passe en voiture près d’un champ qui se trouve près du Sabot d’Or et j’aperçois au loin, un obus qui avait dû remonter avec la sécheresse. Je téléphone aussi sec aux flics pour leur demander le service de déminage, ils n’ont pas voulu et m’ont renvoyé vers la mairie. A la mairie, même combat, personne ne veut entendre parler de déminage et se bouger, ça dure pendant trois jours et on finit par me renvoyer les flics. Je les préviens de venir avec des bottes, et je vois deux flics descendre de leur voiture, un jeune et un vieux, tous deux avec leurs petits souliers cirés. Evidemment, à mi-chemin, ils commencent à peiner et à râler pour leurs chaussures, alors que des enfants peuvent passer là avec les chevaux. Je leur ai dit « Vous me faites chier » et je suis allé chercher l’obus tout seul.  Je suis revenu avec l’obus dans les bras, je l’ai jeté dans ceux du plus vieux, le jeune avait déjà décampé. Il n’osait plus bouger et refusait de le transporter dans sa voiture. Alors on l’a caché de sorte qu’ils puissent le retrouver sans que personne ne tombe dessus. Lorsque les démineurs sont venus le chercher plus tard, ils ont constaté qu’il était effectivement encore actif. « 

Histoire dans les poches de mon père

« Mes grands-parents avaient un couple d’oies, et je dois dire que le jars ne m’aimait pas. La première fois qu’il m’a pincé, je l’ai frappé au cou avec mon bâton, mais cela ne l’a pas empêché de récidiver. La deuxième fois, j’ai tapé plus fort et il s’est un temps tenu à l’écart. Un jour cependant, il me barre le passage, les ailes déployées, fumasse. Je lui ai lancé mon bâton comme un boomerang, la bête s’est couchée et n’a plus bougé. J’ai cru que je l’avais tué. Au bout de plusieurs minutes, il a repris conscience et ensuite, il m’a fichu une paix royale.

Lorsque la grand-mère a demandé au grand-père de lui apporter la jeune oie pour la manger, il lui a répondu qu’il était bien incapable de différencier les deux bêtes. « Mais tu sais bien les reconnaître, toi ! ». Un peu que je savais faire la différence. Je lui ai montré laquelle c’était, sauf qu’au dîner, la viande étant dure comme du caoutchouc, on m’a légèrement soupçonné de vendetta personnelle. »

Cambrousse sur mer

Mes chats portent divers surnoms, en fonction des facéties du jour. Telle, Hermione, ayant miaulé toute la nuit, est aussitôt renommée Mimi Geignarde (réf. Harry Potter pour les non lecteurs de l’oeuvre), Harry27 un jour qu’une pastille avec ce numéro se soit collée sous la patte du félin concerné, HarrycotNoir peut évoluer en HarrygrosNoir en période d’hibernation.

De même, mon père porte divers surnoms lors de nos séjours à Cambrousse sur Mer. Ayant déjà connu Spampy pour sa tendance à polluer nos boîtes mail, il porte aujourd’hui le doux sobriquet de Papy Pomme.

Deux chevaux l’attendent tous les jours dans le champ derrière sa maison pour la distribution de pain et pommes. Il faut les voir le guetter tandis que mon père ramasse les fruits tombés de l’arbre, une lueur gourmande dans les yeux, on les entendrait presque crier « Hé dépêche-toi, Papy Pomme ! » Et je crois bien que mon père, bien qu’il prétende que le grand dadais soit complètement fou, n’aime rien tant que leur porter ses fruits en douce.

Qu’ils en profitent, ces grands dadais, de Papy Pomme ! Ils ont la chance de ne pas connaître le côté obscur du bonhomme, surarmé, adepte de justice personnelle, le Dirty Harry de la Loire Atlantique.

Maraboudficelle

Ce matin tout juste, un jeune garçon trottinait devant moi, de cette manière très particulière. Tap tap sur une jambe, puis tap tap sur l’autre, une démarche toute sautillante propre à l’enfance. En le voyant, aussitôt l’envie de faire de même me prit. Quel dommage qu’on y renonce une fois adulte. On se sent capable de chanter quand on déambule ainsi. Si on conseillait cette thérapie à bien des aigris, des déprimés, des coléreux, je suis sûre que le monde tournerait mieux. Il en serait plus bondissant.

D’ailleurs,tout de suite je vais beaucoup mieux alors qu’hier j’avais le moral en berne. Quelqu’un m’a glissé autour du poignet un bracelet VIP. Ce fut une expérience cuisante. la violence des salons littéraires parfois…Bon, je préfère enterrer cette humiliation.

Je préfère dire à Philippe que j’ai bien reçu sa délicieuse carte postale du Portugal. Philippe, tu sais y faire, tu sais que j’adore les récits de vacances, surtout quand ils sont bien tournés. Je n’ai pas oublié les collections de coquillages, tu fais bien de me le rappeler, mais tu sais, Stockholm ne se prêtait pas à cette collection-là et tu vois bien pourquoi. Quant à la collection de feuilles, elle est commencé depuis quelques semaines.

Airbnb in the sky

Notre astronaute Thomas Pesquet s’est envolé en Soyouz avec quelques collègues pour rejoindre la station ISS. J’apprends qu’il va prendre le relais d’une équipe déjà en place, qui gagne ainsi le droit de rejoindre ses pénates, et que la station est ainsi habitée continuellement par divers locataires. Mais que se passe-t-il quand on arrive sur place, si jamais ceux qui quittent le navire ont laissé un bazar sans nom et n’ont rien nettoyé ? Ce n’est pas parce qu’on a passé tous les tests d’apesanteur haut la main qu’on est une fée du logis. Hé, Youri, tu t’en vas où, là, t’as pas l’impression d’avoir oublié de faire quelque chose ?

Cambrousse sur mer

L’inégalité entre les villes et la campagne n’est jamais aussi criante qu’avec la fracture internet.Autour de chez mes parents, des kilomètres à la ronde, pas un seul pokéstop.

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