Recherche

journal intime universel

Camille Becquet

Tag

journal intime

On ne parlait pas politique à table. Pas de commentaires, à peine une blague sur Georges Marchais, ma mère votait écolo par défaut . Je n’y connaissais que pouic et ne m’y intéressais pas. Pourtant Agnès trouvait que pour une terminale, mes connaissances étaient au plus bas.

Tu sais au moins que la droite est au pouvoir ?”

Ben quand même !” lui répondis-je avec applomb.

A son grand éclat de rire, je sus immédiatement que je m’étais trompée de côté.

Vigipirate

Deux grands vigiles en noir sont postés devant l’entrée de l’immeuble, l’air revêche et aux aguets. Pourtant, on comprend vite qu’il ne s’agit pas de Vigipirate , mais quelque chose de plus personnel. J’espère ne pas croiser le cercueil dans l’ascenseur.

J’ai rêvé que j’étais le Christ et que je devais le prouver. Croyez-moi, c’est pas de la tarte.

Je me souviens aussi…

Ce serait les dernières framboises de l’année, importées d’un pays forcément lointain et ensoleillé. Je me réjouissais déjà de les déguster quand, cherchant vainement dans le frigo, je compris que l’adolescente m’avait doublée et les avait déjà englouties. Pour me venger, et pour rire aussi, je lui envoyais sitôt un sms funeste : « Fais gaffe, on est vendredi 13, il pourrait bien t’arriver des bricoles ! »

Je me souviens…

Je me souviens qu’en colo ma correspondante espagnole disait être une “dominatrice”. Personne ne lui disait qu’il y avait un sous-entendu.

Je me souviens n’avoir jamais eu de profil Facebook et j’en suis fière.

Je me souviens avoir cru que “fessebouc” était un gros mot.

Je me souviens qu’en colo, j’étais la seule à aimer monter sur Gensa, la grosse jument paresseuse.

Je me souviens…

Je me souviens que mon amoureux en CM1 était très “geek”. A la St-Valentin, mes amies avaient des colliers et des lettres, moi j’avais des cartes Pokémons.

Je me souviens qu’après m’être teint les cheveux, mes amis m’ont demandé pourquoi. Je me suis rendue compte que je n’en savais rien. J’ai répondu “l’adolescence”.

Je me souviens avoir dit que Dragon Ball c’était nul et pour les garçons. Une heure plus tard, j’ai demandé où était le tome 2.

Je me souviens…

Et voici les souvenirs de l’adolescente pour cette deuxième semaine :

Je me souviens en colonie de vacances, je devais aller nourrir les poules avec Héloïse. Je n’aimais pas la grosse poule qui me caquettait dessus quand je devais lui prendre ses oeufs. J’ai demandé de l’aide auprès de l’animateur qui m’a répondu de m’adresser plutôt à Héloïse. La bonne blague ! Héloïse se tenait toujours à trois mètres de l’enclôt, les bras en l’air dès qu’une poule s’approchait.

Je me souviens avoir écrit en CP ma première lettre d’amour sur un Post-it.

Je me souviens qu’il m’avait répondu sur une lettre avec des dauphins me disant que j’étais très “baile”.

Je me souviens avoir jeté sa lettre il y a cinq ans.

Je me souviens…

Je me souviens qu’en vacances à la mer, en me baignant, j’ai ressenti une grande douleur. J’ai vu une méduse me piquer à la jambe. Ma soeur s’est moqué, prétendant que je faisais du cinéma. Je ne me rebaignerai plus jamais dans la mer.

Je me souviens qu’à l’aéroport, un monsieur devant moi a tendu son billet à l’hôtesse de l’air. Elle lui a répondu que son avion ne décollait qu’à 16 heures. Il était 8 heures du matin.

Je me souviens quand j’étais petit, je disais “sapin” au lieu de “sympa”. “T’es drôlement sapin, toi !”

Je me souviens que chaque minute m’a semblée interminable avant l’arrivée de ma mère au centre aéré, l’école de l’enfer.

Je me souviens…

Je me souviens qu’un nouveau furet est arrivé à la ferme. Au début, il n’avait pas de nom. Puis Louis m’a dit qu’on lui en avait trouvé un : Attila. Il venait de tuer une poule et lui avait coupé la tête.

Je me souviens qu’à mon arrivée pour la deuxième année, j’ai demandé aux animateurs où était le deuxième chien qui n’était pas là pour nous accueillir. Ils m’ont répondu “Au ciel.”

Je me souviens le dernier jour de colo, chaque fois qu’un enfant partait, nous accompagnions la voiture en criant et gesticulant.

Je me souviens qu’avec Louis, on avait un petit jeu. Il me faisait visiter le jardin et je faisais l’idiot. Il me montrait des tomates et je répondais que c’était des oranges.

Je me souviens que le dernier jour de colo, c’était relâche au niveau de la nourriture : chips, frites, ketchup…

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑