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journal intime universel

Camille Becquet

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London

London Calling

Retour habituel en Eurostar. Comme à chaque fois, nous évaluons avec l’adolescente nos chances de survie en cas de bris de tunnel. Le froid, la pression, l’asphyxie. Ah, vivement qu’on s’installe dans nos sièges !

London Calling

Quelques enfants en laisse. Brrrr….graine de brigands !

London Calling

Qui a dit qu’il ne faisait jamais beau en Angleterre ? Admirez ce merveilleux scintillement d’un soleil radieux sur le givre nacré qui recouvre la ville.

London Calling

Cwmsymlog ou Cwmerfyn ? Pour s’y rendre, il faudrait déjà arriver à les prononcer.

London Calling

Les renards investissent la ville. Mickaël dit qu’un goupil a tranquillement traversé Downing Street pour rejoindre les fenêtres du Premier Ministre la semaine dernière, immortalisé par les flashs des paparazzis. Pas de une des journaux pour celui-là, si ce n’est le cliché que je prends avec mon portable. Il flotte au milieu du canal, pensif, la truffe tournée vers le fond. Il a l’air de se dire “Que me suis-je aventuré dans cette eau noire ? Où donc est la sortie ?”

London Calling

J’ai fait péter les traditionnels crackers de Noël, non seulement j’ai perdu à chaque fois mais j’ai renversé le jus d’orange, tout ça pour une couronne en papier et une pince à épiler de traviole.

London Calling

Chez les Anglais, c’est tout ou rien. Le 25 décembre, bouton “off”, c’est ville morte. Pas un eurostar, pas un train, pas un métro, pas un bus, pas un Tesco, pas un pub d’ouvert. Vous n’avez plus que vos yeux pour pleurer à l’aéroport pour espérer rejoindre la ville. Le lendemain, premier jour des soldes (Boxing day). Tout est ouvert et c’est une invasion d’Anglais à tous les coins de rue. Bouton “on”. La veille, les Anglais s’entraînent et se préparent à ce deuxième jour noir.

London Calling

Il ne me reste plus que quelques billets sur un vieux London, celui entraperçu il y a deux ans lors des fêtes de fin d’année. Fini Pâques, welcome Noël ! :

Petite fierté dans l’avion, je n’ai pas à remplir la fiche de douane parce que je fais partie de l’Union Européenne. Je regarde les pauvres ressortissants d’ailleurs avec pitié. Moi je fais partie de l’Union Européenne ! D’accord, c’est la seule circonstance où on peut éprouver ce genre de fierté.

London Calling

Seule l’Angleterre peut déverser sur tapis roulant un sexagénaire à bonnet crête de punk.

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